Rêve : L’Océan et moi (1/3)

Niché au sommet d’un rocher taillé par les vagues, je me réveille d’un sommeil pas comme les autres, sans conscience des évènements ayant précédé cet éveil. Comment se fait-il que je me retrouve au beau milieu de l’océan sans aucun repères à des kilomètres à la ronde avec une ligne horizontale infinie pour horizon ?

Des questionnements commencent alors à bouillir en moi. M’a-t-on drogué et abandonné à mon sort ici ? Est-ce une punition divine ? Au niveau de détresse où je me trouvais, j’étais capable de croire en n’importe qui ou n’importe quoi pour me sortir de cette inexplicable situation !

Mon esprit commençait à se fragmenter, à dériver..

Soudain, je suis traversé par une vive impulsion. Sûrement une réponse instinctive du corps pour trouver une solution et survivre. Je décide alors de scanner mon environnement.

Sans grande surprise, je suis entouré d’un océan qui s’étend à perte de vue dans toutes les directions imaginables. Je suis frappé par une violente prise de conscience: je suis condamné à mourir sur ce rocher. Abattu et désespéré, je réfléchis aux dernières choses que j’aurais voulu faire avant de mourir..

Sauter en parachute, vivre une aventure avec la fille que j’aime, faire un roadtrip avec des potes, et toutes les autres choses qui figurent sur ma bucket list..

Les heures s’écoulent aussi lentement que le ressac étonnement régulier des vagues qui s’engouffrent contre le roc, inflexible mais portant en son sommet un être pourtant si fragile.

La mousse salée monte, charriant avec elle quelques coquillages et crustacés morts.

N’ayant rien à faire et le ciel sombre pour seul objet de contemplation, je m’allonge sur le bout le plus lisse de ce gros caillou dont la conception repousserait même les plus solidement bâtis et insensibles aux aspérités rugueuses et piquantes. J’attends mon trépas avec une étonnante sérénité.

Quand l’espoir s’éteint, l’âme n’a plus qu’à compter les dernières heures qu’il lui reste. Ici-bas, la lune se fait mon compagnon d’infortune mais ne me promet rien car elle sait tout comme moi que cette nuit me prodiguera le dernier conseil.. Je réalise alors, en observant sans cesse cette géante lumineuse, que sa lueur éclaire l’obscurité la plus totale. Je lui suis reconnaissant pour son infaillible présence qui offre sa lumière chaleureuse et réconfortante aux désespérés comme moi.

Mais mon “confort” très relatif dans lequel je me complaisais n’était pas voué à durer longtemps. Je ne soupçonnais pas la fâcheuse tendance de cette masse grisâtre couvrant le ciel de parts et d’autres qui, petit à petit, cachait l’astre de la nuit qui autrefois arrivait à percer l’épaisse couche de cette grisaille nuageuse. 

Elle formait désormais une chape de plomb qui m’oppressait davantage et me plongît dans un état de mal-être comme je ne l’ai jamais vécu auparavant.

Une fois le décor complètement plongé dans la pénombre, les petites poussières cosmiques et lumineuses parsemant le ciel ne purent plus offrir leurs rayons car ceux-ci étaient bloqués par cette masse flottante.

Sur le point de basculer dans un sommeil dont la chute serait sans fin, égaré dans le néant, un espace invisible et infini. Avec une lucidité fléchissant dangereusement vite, je fus alors sauvé de ma perte imminente, au bord de cet abîme froid et sans fond.

Un bruit m’a comme réveillé de mon état où ma conscience déclinait de façon inévitable. 

Un bruit familier.

– La suite au prochain épisode ! –

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